lundi 1 mars 2010

Hassan Echaïr réinvente le nomadisme africain

· Avec des éléments sobres, il compose des structures originales

· Le noir et le blanc, ses couleurs de prédilection



Loft Art Gallery à Casablanca présente jusqu’au 6 mars une exposition de Hassan Echaïr, un artiste âgé de 46 ans, enseignant à l’Ecole des Beaux Arts de Tetouan depuis une quinzaine d’années. Une trentaine d’oeuvres intégrant peinture, sculpture et installation y seront exposées. D’ores et déjà, Meryem et Yasmine Berrada, les deux jeunes propriétaires de la galerie, ont vendu une bonne partie des œuvres.
Ses couleurs de prédilection sont le noir et le blanc. Avec des cordages, des pierres, du bois, des bambous recouverts de gros sel, il compose des structures originales et esthétiquement agréables à regarder. Ces matériaux communs, banals et sobres sont transformés en éléments de poème visuel. L’artiste invente des formes nouvelles composées de plusieurs plans conçus pour être placés sur le mur ou dans l’espace. «Mon travail exprime une série de réflexions sur la rencontre d’éléments antagonistes, sur la mémoire, l’environnement, les sentiments, les structures. Mes réflexions portent aussi sur le poids, la trace, l’énergie latente, la transparence, la liberté, la fragilité, l’identité, l’objet, la matière et surtout le temps», nous a-t-il confié.
S’il utilise beaucoup ces matériaux d’origine naturelle, c’est aussi pour suggérer le déplacement et réinventer un nomadisme propre à la réalité et au vécu africains. Ainsi, il fait référence au désert et suggère le temps d’une halte, la mobilité des marcheurs, le passage des troupeaux ou encore la traversée d’un fleuve.
D’après la critique d’art Nicole de Pontcharra, Hassan Echaïr utilise un «vocabulaire inventé pour dire la mesure du temps, temps vivant pour les marcheurs conducteurs de troupeaux, temps mort pour ceux qui ont pris la mer dans le Détroit et ne sont pas arrivés». Comme elle l’explique très bien, «tout est allusif, posé comme une proposition qui n’est jamais imposée. Au spectateur de refaire le chemin, de trouver sa vérité dans la figure présentée. A lui de lire entre les lignes et de suivre les trajectoires».
Hassan Echaïr a été formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Tétouan, connue pour être un creuset fertile d’artistes.
Il a été formé également en France
où il a obtenu deux diplômes en arts plastiques. Aujourd’hui, il vit à Tétouan et enseigne à l’Ecole des Beaux-Arts de la ville. Chaque année, il réalise trois ou quatre expositions individuelles et collectives.
Ce week-end, il participe à une exposition collective à Azemmour, dans le cadre des «Rencontres de l’Art». Durant ces trois jours en effet, un parcours permettra au public de rencontrer une quinzaine d’artistes et de découvrir leur travail qui sera exposé dans des ateliers d’artistes, et dans des espaces publics transformés en galeries d’art. Une rétrospective sera aussi présentée à l’hôtel Mazagan avec 50 artistes.

Nadia BELKHAYAT

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de laisser votre commentaire